Monsieur de Blégny fils, apothicaire ordinaire du Roi, sur le quai de Nesles, tient un assortiment complet de toutes les compositions,extraits, eaux distillées sels et magistères de la pharmacie galènique et de la chimie...

...Il dispense aussi tous les remèdes achetés et publiés par ordre du Roi :

-une conserve et une liqueur pour la guérison des phtisiques et des poulmoniques

-une tisane filtrée pour purger doucement et agréablement la bile, la pituite, et généralement toutes les superfluités

-une eau vulnéraire qui guérit le scorbut et les ulcères de la gorge, les cancers, les écrouelles ulcérées, la teigne, et les ulcères malins et variqueux des jambes et d'ailleurs

-une eau anodine qui apaise avec une promptitude surprenante la douleur des dents, toutes les espèces de coliques, les véroliques, les rhumatismes et la sciatique

-une liqueur de jouvence qui rectifie les constitutions vicieuses, qui désopile les viscères obstrués, qui guérit radicalement le vertige, la migraine et les vapeurs, en un mot qui rajeunit comme une espèce de fontaine de jouvence

-les eaux d'ange, de Cordoue, d'amaranthe, de fleurs d'orange, de thym et généralement les eaux odoriférantes et médicinales qui servent aux cassolettes philosophiques pour parfumer et désinfecter les chambres

Tous ces remèdes sont distribués dans des bouteilles et boites cachetées sur lesquelles on fait coller l'imprimé qui enseigne leurs vertus et leurs usages.

Cet extrait provient d'un ouvrage précieux édité par le Chène (Apothicaires et charlatans) qui a repris une collection de livres, documents, affiches du XVIII ième siècle concernant la médecine en ce temps. Il est à remarquer que visiblement certains produits font appel dans leur fabrication à la connaissance de l'herboristerie, et d'autres à celle de la chimie quand ce n'est pas l'alchimie.

Et cette liste de médicaments rappelle d'une façon surprenante ceux que Maitre Philippe de Lyon fabriquait dans ses laboratoires, essentiellement Rue du Boeuf à Lyon et qui nous ont été décrits par le détail dans les ouvrages qui lui sont consacrés : cela prouve ainsi, plus d'un siècle plus tard, que Nizier-Anthèlme Philippe avait certaines connaissances, et même des connaissances certaines dans ces domaines.