Lors d'un précédent article que je conseille au lecteur de relire : http://verlatradition.canalblog.com/archives/2014/09/17/30604179.html , j'ai posé les préliminaires d'une réflexion qui s'étendre sur plusieurs chapitres. Je n'ai pas pour but d'imposer une vérité absolue, que personne ne possède, mais à partir d'éléments précis et concordants d'amener à réfléchir quant à tout ce qui a pu être écrit, repris, rabâché ou inventé et manipulé sur le personnage.

Nous voyons, dans l'article proposé en lien ci-dessus, une approche quelque peu différente sur la science et la connaissance de Nizier Anthèlme Philippe, et il est bon d'en citer quelques passages :

au sujet du quartier St JeanTous demeurèrent en ce secteur urbain et y dissimulèrent leurs travaux : en dernier lieu, Piquecry (après la seconde guerre mondiale), le Maitre Philippe de Lyon au début du siècle , Cagliostro au XVIII°. Et la chaîne de ces compagnons du soleil d’or remonte à la nuit des temps...la montée du chemin neuf où se réunissaient au XVIII° les francs-maçons lyonnais que visita Cagliostro, la rue Tramassac, la rue du boeuf où le Maitre Philippe eut un laboratoire de pharmacopée alchimique...

Et d'autres pages sont consacrées aux travaux de N-A.Philippe (Jean-Louis Bernard in Histoire secrète de Lyon et du Lyonnais) :

...nous savons aujourd'hui que, jusqu'à l'époque d'Apollonius de Tyane à peu près, exista dans les temples une médecine sacrale révélée. Ses praticiens étaient des thaumaturges (non des médecins au sens actuel), des médiums supérieurs...ils captaient encore les vibrations d'entités divines celles-ci protectrices naturelles de l'humanité et de sa santé...Philippe représenta une résurgence. Il était fils d'Esculape à la façon antique...Dans le cercle de ses disciples, Philippe prétendait être entouré par des puissances. Il se sentait relié à l'une, qu'il identifiait au Christ spectral de St Paul...Ces contacts portaient sur les sciences et la mystique, médecine, magnétisme, chimie, alchimie.

Au numéro 6 de la rue du Boeuf, souvent citée et qui parait décidément avoir été à Lyon l'équivalent de la ruelle des alchimistes à Prague, Philippe aménagera plus tard un laboratoire discret où il préparera lui-même ses médicaments...Les médicaments alchimiques exigent que le praticien harmonise ses gestes avec le ciel et le sol, donc avec la saison, voire le ciel de l'astrologie, et avec les noeuds magiques de la cité...L'immeuble a eu d'autres emplois insolites. Une borne , dans la cour, avec une rigole creusée, rappelle qu'on fouettait ici les femmes juives adultères. Ce que dit la tradition populaire. Une autre, moins populaire, assure que la fustigation des femmes adultères par les Juifs avait succédé dans le même lieu, à celle des futures prêtresses de Cybèle que l'on préparait ainsi à leur initiation...

De 1898 à 1901, Philippe se concentra sur la pharmacopée dans son laboratoire de la rue du Boeuf et dans un autre, aménagé au 13 de la Montée Saint Sébastien, sur la Croix Rousse...

Philippe Encausse, dans l'édition 1949 de son livre, fait état d'un élixir créé par son père et Philippe dont les détails ne sont pas sans rappeler quelques méthodes alchimiques à base de produits de la nature : (Papus, en plus de ses diplômes de médecine, fut membre de la Société alchimique de France et à ce titre contribua à la revue L’Hyperchimie dont les rédacteurs se nommaient Jolivet-Castelot, Barlet, Guaïta, Haven, Sédir, Durville, Papus), composa donc avec Philippe de Lyon une formule de liqueur anticholérique dont voici un extrait de la recette :
- dans un poêlon ou casserole de cuivre, mettre des herbes et des baies fraîches : feuilles de menthe poivrée 120gr ; fleurs de lavande, 120 gr ; follicules de romarin 120 gr ; baies de genièvres 120gr (le romarin haché, les baies de genièvre concassées)
-mouiller avec un demi-litre de cognac et un quart de litre de kirsch
-poser la casserole sur un feu moyen en ayant soin de remuer les herbes comme pour en assurer la cuisson. Durée 20 minutes
-etc…
-après huit jours de macération passer et presser fortement dans un linge
En période d’épidémie, prendre après chaque repas.
Nous avons là une véritable recette de phytothérapie …qui n’est pas sans rappeler les élixirs de Bach…

D'autre part, dans les photographies des carnets secrets du dit-maitre Philippe publiés par Arqa nous constatons bien l'existence formelle de symbole chimiques ou alchimiques, la frontière, si elle existe, est étroite entre les deux.

Pour ne pas nous disperser sur le sujet nous resterons avec Papus, qui dans la Science des Mages, distingue, dès l'époque, plus de 3000 ouvrages sur le sujet. Il décrit notamment les principes de base qui sont très clairs :

il y a 4 principes :

1/ce qui supporte (la terre) correspondant au corps physique

2/ce qui anime (l'eau et l'air) correspondant au corps astral

3/ce qui meut (le feu solaire) correspondant au corps psychique ....ces deux principes 2 et 3 représentent l'âme

(et la Terre, l'eau, l'air, le feu solaire sont les 4 éléments de l'ancienne physique des Initiés)

4/qui gouverne (la fatalité) correspondant à l'Esprit

 Par ailleurs, il précise que selon la Kabbale on appelait :

-le père : le principe divin sur la marche générale de l'Univers

-le fils : le principe en action dans l'Humanité (les Hommes incarnés)

-le st esprit : le principe en action dans la Nature (tout ce qui est)

Il présente ensuite les quatre sections qui composaient la Science occulte dans les sanctuaires antiques :

1/l'étude et le maniement des êtres et des forces élémentaires ou Alchimie

2/l'étude et le maniement des forces astrales ou Magie

3/l'étude et le maniement des forces occultes de l'Homme ou Psychurgie

4/enfin l'étude des forces de l'Empyrée et de leurs relations ou Théurgie

Chacune de ces sections comprenait des subdivisions spéciales.

Il consacre ensuite un chapitre sur chacune de ces quatre sections : nous reviendrons en détail sur celui de l'Alchimie dans le cadre des travaux que Nizier-Anthèlme Philippe réalisait dans ses laboratoires. Et enfin sur la Sciences des Mages concernant la personnalité de notre héros. Tout ceci pour ne pas alourdir le présent article déjà fort riche.

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