Tel est le titre du livre de Frédéric de Towarnicki édité chez Robert Laffont et qu'il a tiré de ses entretiens sur France Culture avec Bernard Enginger (1923/2007) à qui Mère, la compagne de Sri Aurobindo, donna le 3 mars 1957 le nom de Satprem (en sanskrit : vérité et amour ou celui qui aime vraiment).

Il l'accompagnera, après de multiples aventures, dans sa vie quotidienne, d'où émergera le monumental Agenda de Mère en 13 volumes, complété par beaucoup d'autres ouvrages tels son autobiographie en 8 volumes ainsi que le très célèbre Mental des Cellules (que j'ai emmené avec moi pendant des années). Il est impossible de parler de toute cette oeuvre gigantesque, aussi je me contenterai ici du livre repris de ses entretiens sur France Culture. Je l'ai ouvert au hasard et voilà le passage sur lequel je suis tombé.

...- avez-vous fait une rencontre avec un gourou ou un Sannyasin qui vous a frappé ?

- oh ! J'en ai rencontré...beaucoup.

- Est ce qu'il y a un récit à faire sur quelque chose qui vous a frappé au cours de cette...?

- Les gourous...Moi je les trouve épouvantables, les gourous. Je ne peux pas vous dire autre chose. Et encore...évidemment c'est une façon de dire.

Parce que, en fait TOUT est le Gourou.

Chaque instant, chaque chose, chaque rencontre, chaque accident, chaque évènement, c'EST le Gourou.Tout est là pour vous montrer le chemin. Seulement, on s'en aperçoit pas. On prend les choses comme d'habitude, comme on a l'habitude de les prendre. Mais si l'on savait regarder, chaque chose EST le Gourou. C'est-à-dire que chaque chose est celui qui vous apprend, qui vous indique le chemin. Chaque rencontre, chaque homme, chaque accident, chaque incident, c'est ça le Gourou. Pourquoi voulez-vous mettre ça dans une peau...dans une peau vêtue de vêtements blanc et...accroupie ?

Je ne peux pas, je ne peux pas supporter tous ces gens-là. J'en ai vite fait le tour. Je veux bien qu'un certain nombre de ces êtres soient tout-à-fait sincères, c'est entendu. Mais ce qu'en font les disciples ! C'est ça qui est odieux.

N'est ce pas, ils en font des divinités, et puis alors, c'est très commode : le gourou ! Et bien c'est le gourou qui fera. Cela vous dispense ABSOLUMENT de faire l'effort et le trajet nécessaires.

Ah ! Si le gourou est là, il le fera. C'est toujours la même chose : le dieu vous dispense d'être, de devenir ce que vous êtes.

Mère disait cela très bien. Elle disait : c'est la PARESSE...c'est la PARESSE qui nous fait adorer. Ce qu'il faut, c'est devenir.

Seulement, il faut du courage pour devenir. Il ne s'agit pas de s'endormir, n'est ce pas ?

Et c'était ça le glaive de Mère, l'épée de Mère. Là on ne s'endormait pas. On ne PEUT pas s'endormir. Et on ne peut pas s'en remettre à quelque chose d'autre.

Et c'est pour ça que je suis revenu. Au bout de ce périple (au travers de l'Inde) je suis revenu dans cet ashram. Cette fois-ci,  je comprenais qu'il fallait que je surmonte toutes mes...phobies des murs, des cadres, des conditionnements, pour ELLE (Mère), n'est ce pas ? Parce que l'ashram, je m'en fichais éperdument.

Mais il y avait ELLE. C'était ELLE que je voulais voir.

Et alors c'est là où, vraiment, il y a eu aussi une autre grâce. Mais je crois qu'on a la grâce de son appel. Tout dépend de ce qu'on appelle !

Et probablement elle a senti cet appel en moi.

Avec son... son sourire, son ironie, son défi...Il y  avait toujours un défi au fond du regard de Mère. Elle avait toujours l'air de vous défier : voyons, tu peux ? Essaye !

...

Ce court extrait vous donnera peut-être envie de lire le reste du livre et d'essayer de découvrir le Mental des Cellules...

 

aurobindo

mère

satprem

Et rappelez-vous : j'ai déjà présenté ici un texte magnifique de Satprem

http://verlatradition.canalblog.com/archives/2015/04/06/31843767.html