Les Bonshommes d'Occitanie
J'ai maintes fois cité les Cathares en références dans mon blog (bien que, eux-mêmes, ils ne s'appelaient pas ainsi, seulement Bons Chrétiens ou Bons Hommes, c'est un moine allemand Eckert de Schonau qui les appela ainsi dans un sermon de 1163) :
voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Eckbert_de_Sch%C3%B6nau
J'ai ainsi expliqué avoir eu le bonheur d'assister pendant 5 ans à des séminaires animés par José Dupré qui fut ami et secrétaire du Patriarche Déodat Roché puis, entre autres, rédacteur en chef des Cahiers d'Etudes Cathares, également auteur de volumineux ouvrages érudits sur le sujet ainsi que sur le Mont Athos ou Rudolf Steiner : vous trouverez évocation de ces ouvrages dans mes articles (lien ci-dessus). Par ces différentes sources j'ai pu me faire une idée de la réalité des Cathares, ayant été influencé par un certain folklore nouvelageux (par exemple les robes des Bons Hommes étaient noires et non blanches...)
Mais aujourd'hui je vais reprendre un écrit de l'autre Patriarche : Antonin Gadal. Je les ai tous deux évoqués dans mon article sur le Mont du Soleil :
http://www.verlatradition.fr/archives/2012/06/16/24510184.html avec, déjà, un passage du livre Sur le Chemin du Saint Graal de Antonin Gadal.
L'Ermite
Le jeûne supplémentaire de Matheus avait pris fin.
Pâle, maigre, mais le corps , le cœur, l'esprit solides comme la roche dans laquelle il vivait, il attendait la venue du Vieillard.
Levé au petit jour, suivant l'habitude, il alla dans la Grande Salle attendre les Voix de l'Heure et de l'Oraison (des voix semblant tomber de nulle part et qui rythment le temps dans l'immense caverne).
Sa prière à peine terminée, il sentit une main légère se poser sur son épaule ; il se releva, se retourna, et se trouva devant le Vénérable Maître.
D'un signe, sans un mot, ce dernier lui ordonna de le suivre ; respectueusement, Matheus marcha sur les traces de l'ombre qui s'enfonçait dans les galeries. Le Vieillard le conduisit, par le réfectoire, dans la Chapelle ; génuflexions, oraison. Puis dans les Ateliers, où les Frères et les Novices commençaient à arriver.
Au fond de la salle intérieure, par des encoches taillées dans le roc, ils arrivèrent au sommet de la paroi ; petite sortie dissimulée, passage rampant et obscur, salle basse à demi-éclairée, ouverture à moitié montagne, à pic, sur le lac dont les eaux baignaient la base des rochers, au fond, tout au fond du précipice.
Le Vieillard ne voulut pas voir le geste instinctif de recul du Jeune devant cet impressionnant spectacle ; il continua sa marche lentement, par des aspérités du roc, s'aidant des touffes de buis accrochées là comme par hasard.
Matheus se domina, dompta sa peur, et suivit ; le passage avait une vingtaine de mètres à flanc de montagne, mais formant un précipice de plus de trois cents mètres.
Ils se trouvèrent alors devant une petite grotte, presque au sommet de la montagne, du côté opposé à l'entrée des Églises.
Le Maître s'arrêta un instant, semblant inspecter les lieux.
Matheus put voir ainsi un chemin dans la roche conduisant au plateau supérieur ; comme il avait visité maintes fois les Églises supérieures, il se rendit compte que, en dehors de la Galerie-cheminée intérieure, ce chemin extérieur reliait le bas et le haut ; pas facilement, certes, puisque caché par les ronces, les herbes et les buis.
Sur la paroi droite de la grotte, il distingua quantité de signes, dessinés grossièrement au moyen d'un mince charbon.
Comme il s'attardait à les regarder en détail : " Vois-tu, lui dit le Vieillard, nous sommes les continuateurs des Apôtres et de Chrétiens de l'Eglise Primitive, en même temps que les Conservateurs de leur Science et de leur pure Spiritualité. Ces signes, que tu ne comprends pas, mais que tu vas incessamment apprendre à saisir, te rapprocheront encore d'avantage de Celui qui nous a montré le Chemin ! "
Un sentier partait de là, courait à flanc des éboulis détachés du plateau, pour, à cent mètres plus loin, rejoindre la roche à l'avancée de la Montagne d'Ussat. De nombreuses grottes s'ouvraient là. Celle où ils entrèrent s'appelait la Grotte de l'Ermite.
Ils traversèrent une enceinte murée, ouvrirent une porte placée dans le mur de défense de l'avant-grotte, entrèrent dans une galerie, puis, dix mètres plus loin, ils se trouvèrent dans une salle spacieuse éclairée directement par la lumière du jour.
Quelques Parfaits se promenaient dans la salle, perdus dans la lecture de volumineux manuscrits. Personne ne fit attention à l'arrivée de Matheus, que le Vieillard abandonna à Guilhem. Oui, Guilhem qui avait quitté les Églises d'Ussat avant son Jeune qu'il, attendait à l'Ermite. De nouveau, Guilhem servit d'Ancien à Matheus, heureux de retrouver un bon camarade. Il lui servit de guide.
Peu de changements du côté matériel : réfectoire, repas, couches, etc...Moins de travail manuel, beaucoup plus de travail intellectuel.
La nouvelle grotte était plus longue que les autres ; elle traversait la montagne. La Chapelle était à la sortie. Matheus fut frappé en la voyant : il avait rampé à plat ventre pendant une dizaine de mètres, péniblement même, dans l'obscurité, après avoir traversé un grand nombre de salles et de galeries ; en se relevant, il s'était retrouvé brusquement en pleine lumière dans la Chapelle. C'était une salle de forme circulaire à voûte, peu élevée, mais se perdant dans la diaclase (sillon très profond dans la roche) de formation jusqu'à mi- montagne, à perte de vue. Le jour arrivait par la diaclase, et, tel un lustre répandait dans la Chapelle une lumière douce, intime.
Matheus remarqua, à l'Est, un bassin demi-circulaire en marbre poli :" c'est la Fount Sacra (la Fontaine sacrée), lui expliqua Guilhem. Derrière la Fount Sacra, à ce passage voûté y faisant suite, commence le Labyrinthe. Je ne puis te dire rien de plus, car ces endroits nous sont encore interdits. Retournons ! "
Ils rentrèrent dans la grotte intérieure par le passage rampant, visitèrent les belles galeries revêtues de blanches concrétions, et gagnèrent la salle d'entrée. Matheus se rendit compte qu'il n'aurait aucun mal à se faire à sa nouvelle vie : il était préparé à affronter la deuxième partie de son Initiation.
Le passage que j'ai choisi ne présente aucune des cérémonies, aucune des oraisons (prières), aucun des rituels présentés par Antonin Gadal. Nul doute que certains lecteurs voudront en savoir plus : ils pourront donc se procurer et lire Sur le Chemin du Saint Graal écrit par Antonin Gadal et régulièrement réédité depuis 1960 par Le Lectorium Rosicrucianum de Haarlem/Pays-bas qui a recueilli la totalité des archives du Patriarche, ISBN 90.70196.182 (publicité entièrement gratuite et totalement désintéressée).
Nous sommes là bien loin des divagations des tenants nouvelageux...et pour les explorateurs : cherchez grottes de Lombrives et d'Ussat.
Antonin Gadal, dès le début de son livre, donne des précisions qui amènent à réfléchir :...dans le Comté de Foix, bien avant sa formation, la partie de la valle de l'Ariège en amont de Foix, avait été habitée par les Taruskes, les Taruskionenses de Pline. César avait respecté leur territoire ; Auguste n'avait fait que consacrer cette décision. Tarusko, Tarascon sur Ariège, était leur capitale...beaucoup de grottes autour de Sabart (dont vient le nom de la région le Sabarthez), Tarascon et des villages voisins...c'est en raison de ces sanctuaires naturels que le Sabarthez vit, dès l'an 350, l'éclosion du Catharisme pyrénéen...les 3 Eglises sont situées à 3 kms à peine de Tarascon, la vieille capitale des Taruskes. Cette cité inexpugnable, est bâtie sur un promontoire rocheux qui domine et surveille 5 vallées convergeant vers Sabart...
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(photos personnelles de Montségur)
Ajout sur les châteaux du Pays Cathare (Wikipédia)
les termes soulignés font partie d'études Wikipédia
Les seuls monuments témoins des événements de la première moitié du XIIIe siècle et donc les seuls qui pourraient prétendre au qualificatif de « cathares » (bien que l'hérésie albigeoise n'ait jamais construit de château) sont de petits châteaux, souvent totalement ignorés du public (castrum de Roquefort, dans la Montagne Noire), et dont les rares vestiges sont à l'écart des grandes routes touristiques, à l'image des vestiges du château de Niort à Niort-de-Sault.
En Languedoc, les seuls vrais « châteaux cathares » furent les bourgades fortifiées, castrum de Laurac, Les Cassès, Fanjeaux, Mas-Saintes-Puelles, Lastours-Cabaret, Montségur, Termes ou Puilaurens qui furent cependant des castrums avant d'être rasés et de devenir des citadelles royales, et deux castrums anciens, le Château de Miramont en Aude et celui de Miramont en Ariège qui fut rasé en 1247 pour avoir abrité des Parfaits et ne fut jamais reconstruit. La commune de Penne-d'Agenais abrite également les ruines d'un château, la ville ayant été la principale place forte de l'Agenais pendant la croisade des Albigeois. Il y avait en effet en 1209 quatre évêques cathares, à Albi, Carcassonne, Toulouse et Agen.
Les forteresses royales du Languedoc
Après l'échec de la tentative de reconquête de Carcassonne par le vicomte Trencavel en 1240, la cité de Carcassonne fut considérablement renforcée par le pouvoir royal français, nouveau maître du territoire. Ce dernier rasa des petits castrums dans les Corbières et y érigea des citadelles pour garder la frontière avec la couronne d'Aragon :
Ces sept forteresses résistèrent aux différents assauts menés par l'armée aragonaise. Le système de défense royal est basé sur le pivot logistique puissant que sont ces sept châteaux et sur des châteaux dispersés sur la ligne de front.
