J'ai lu plusieurs passeurs de la Tradition, connus ou inconnus, abordant ce sujet.

Prenons simplement comme exemple le Docteur Robert Hollier ; il devint Président de l'Association Atlantis, fondée par Paul Le Cour, en 1954, à la mort de ce dernier. Il a écrit de nombreux articles et ouvrages dont, en 1972, Tohu-Bohu les confins de la Science au seuil de la Connaissance (Omnium littéraire).

Il faut d'abord préciser (dixit Robert Hollier) que ces deux termes sont les deux forces antagonistes qui régissent le Cosmos. Ils apparaissent dans le Sepher Bereshit ou livre des Principes communément appelé Livre de la Genèse. Le Tohu est le Principe actif, agissant, extensif, énergétique, dynamique ; le Bohu est le Principe passif, adynamique, condensant, anergétique. Il y aborde différents sujets relatifs à ces deux forces.

Il cite par exemple Simone Weil (ne pas confondre avec Simone Veil, femme politique unanimement appréciée par les humanistes) la philosophe et mystique, morte si jeune à l'âge de 34 ans (voir fiche Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_Weil ) après avoir rédigé une oeuvre immense. Le principal de ses ouvrage est La Pesanteur et la Grâce. Robert Hollier en extrait une phrase :

Deux forces règnent sur l'Univers : la LUMIÈRE et la PESANTEUR

extrait de Tohu-Bohu

Il convient de préciser que nous pensons que cette Lumière, à laquelle il est fait allusion ici, n'est pas la lumière des physiciens ou des opticiens, mais, incluse en elle, liée à elle, et, en quelque sorte, sa prisonnière : la Lumière primordiale, la Lumière originelle, pour reprendre l'expression employée dans toutes les traditions.

Lumière originelle qui, parfois, auréolant et irradiant se sa splendeur les mystiques en extase, remplissait de stupeur admirative ceux qui en étaient témoins.

Lumière originelle, Lumière primordiale , "Lumen de Lumine", Lumière des Lumières, qu'ont cherché à nous dépeindre ces mêmes mystiques, et dont Lydwine de Schiedam * disait qu'elle était d'une douceur ineffable, alors que la lumière du jour lui causait  une souffrance intolérable.

Lumière originelle dont j'incline à penser qu'elle devait être connue de certains alchimistes, si l'on en juge par les précautions qu'ils recommandaient de prendre lors de certaines de leurs opérations, pour se préserver de la lumière (ou de certains de ses composants) et ne laisser agir que ce qu'ils qualifiaient de Lumière de Vie ou de Feu de Vie.

* Lydwine de Schiedam : sainte mystique des XIV / XV ièmes siècles)

J'ai quelque peu recherché et réfléchi au sujet de ce terme Lumen de Lumine.  

L'origine en est le Symbole de Nicée-Constantinople, confondu pratiquement toujours avec le Credo du fait de son début, rappelons-en le passage : Deum de Deo lumen de lumine Deum verum de Deo vero c'est-à-dire : Il est Dieu, né de Dieu, Lumière, née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu. Cette profession de foi chrétienne fut adoptée au Concile de Nicée en 325 et complétée lors de celui de Constantinople en 381. Mais son origine est plus ancienne puisqu'il s'agissait au départ de la confession de foi, selon Eusèbe de Césarée (265/339) pratiquée en Palestine, et dans laquelle ces mots figurent déjà exactement. Et ces termes sont maintenus exactement tant dans la version de 325 que celle de 381 : il y a donc là une permanence remarquable, et cela jusqu'à nos jours, même dans la version arabe des patriarcats orthodoxes d'Antioche et de Jérusalem.

Et en  alchimie, cité par Robert Hollier, la lumière est dans la matière pour la transformer et donc se transformer, de même que la matière transforme, oriente ou décompose la lumière, comme le cristal par exemple.

Dans ses enseignements, Papus écrit au sujet de l'Alchimie : ... Pour l'Alchimiste, il existe une force première dont tout ce que nous voyons est une condensation à différents degrés. Cette force, qui s'appelle l'âme du monde, est déversée sur notre terre par le soleil. Le soleil est donc pour nous la somme de toutes les forces, les forces envoyées par les planètes n'étant que les modifications des colorations dynamiques de la force solaire. L'Alchimiste recherche le moyen d'augmenter la quantité de soleil dans un corps pour l'ouvrir, le dilater ou l'évoluer...

Voilà donc une nouvelle réflexion que je partage avec mes visiteurs à partir du livre devenu complètement inconnu du successeur de Paul Le Cour à la présidence d'Atlantis, visiteurs auxquels je conseille vivement la lecture de la Pesanteur et la Grâce de Simone Weil, avec quelques interventions de Gustave Thibon. (suggestion : et si on écrivait l'apesanteur ?)

explosion lumière

Et cette Lumière issue de la Lumière me fait infailliblement repenser à ce si magnifique chant de Taizé : la ténèbre n'est point ténèbre devant toi, la nuit comme le jour est lumière (selon un extrait du psaume 139 verset 12 Les ténèbres mêmes n'ont pas pour toi d'obscurité; pour toi la nuit brille comme le jour, et les ténèbres comme la lumière.)

https://www.youtube.com/watch?v=JdyAeuh51WM