Je réédite cet article car je n'ai toujours pas eu de réponse (avec les commentaires d'origine). J'avais déjà abordé un peu ce thème ici, là et ailleurs..Après la parution de cet article, ma correspondante Nina m'envoie cette photo prise dans l'église de Monza au Cap Corse, que je me fais un plaisir de vous présenter :

église de Monza cap corse

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Et cela m'est revenu à l'esprit en regardant des commémorations de Lourdes ; car il y a tant et tant de personnes qui, pour prier, s'adressent à un Dieu (quel que soit son nom ou même le Divin) souvent anthropomorphe, extérieur à elles-même, réellement localisé ailleurs. Alors que Dieu (je le redis, quel que soit son nom ou...sa nationalité, personnellement je préfère parler de Conscience globale...) est d'abord et avant tout en elles-mêmes.

Il me revient les propos tenus par Valaire de Gramscott sur le site des Baladins de la Tradition (certains passages ont été neutralisés par moi, ces propos ayant été tenus dans un cadre spécifique), mais je vous conseille de lire le texte complet original sur http://www.bldt.net/Om/spip.php?article733 ,voir dans le lien les pages précédentes et suivantes)

...je pourrais dire que la recherche spirituelle doit amener à la découverte de l’Etre, c’est-à-dire que le cherchant doit trouver l’Etre en lui, doit trouver qu’il est l’Etre réel s’exprimant par le corps physique, c’est-à-dire qu’il doit se situer plus haut en lui-même comme étant un Etre qui a un véhicule physique pour s’exprimer. On peut dire que dans le passé toujours cette queste, cette recherche a été la même. Mais l’Homme est maintenant capable de mieux comprendre ceci et de mieux le réaliser, de mieux l’accomplir.

En quelque sorte, la question est l’éternelle question et la réponse est l’éternelle réponse. Ce qui est très urgent pour l’Homme de trouver - la recherche spirituelle doit s’y consacrer avec ses moyens actuels - c’est la découverte de la présence de Dieu en chaque homme et même de la présence de Dieu dans tout ce qui nous entoure, c’est-à-dire, voir Dieu, sentir Dieu en soi-même et voir Dieu chez tous les autres et dans toutes les réalisations de la nature telles qu’elles peuvent nous paraître, les examiner dans leurs réalités par rapport à ce que nous sommes et par rapport au monde. Dieu, Dieu en soi.

Theodore J. Nottingham (l'intervieuwer) : Pensez-vous qu’il y ait des disciplines qui puissent aider à l’éveil d’une plus grande conscience ?

 Valaire de Gramscott : Si les disciplines là aussi sont toujours les mêmes que celles du passé, parce que l’homme ne change pas, il reste semblable à lui-même, il a en lui d’immenses possibilités, dont une faible partie seulement est développée et ces disciplines sont des disciplines d’abord morales.

 Et à partir de cela la recherche d’une situation intérieure et extérieure qui soit vraiment nouvelle, mais en se souvenant toujours de la grande phrase : “Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et tout le reste vous sera donné par surcroit”. Autrement dit, s’il y a des règles à appliquer, s’il y a des expériences de concentration, d’observation, de méditation à faire, il y a aussi une chose : agir dans le sens du bien parce que si l’on agit ainsi, tout le reste apparaît.

 Etre dans la joie intérieure et dans l’harmonie, donc, pour que cette joie et cette harmonie nous mettent en communion avec les autres et c’est dans ce service des autres que naissent alors toutes les qualités et les possibilités qui sont en nous.

 Theodore J. Nottingham : Est-ce que vous pensez que les sentiers ésotériques sont ceux qui peuvent le mieux conduire à la réalisation totale de l’homme ?

Valaire de Gramscott : Ils sont un moyen de parvenir à cette globalité humaine, à cette réalisation totale de l’Homme. Dire que tout ce qui n’est pas connu ni appliqué ou tenu à l’écart par l’Homme, même si cela est à sa disposition, devient ésotérique, c’est-à-dire, caché, dissimulé, il n’en reste pas moins que les sentiers ésotériques bien compris, et non pas les quelques divagations que l’on voit quelquefois se manifester sous forme de mouvements et associations qui, certes, ont une idée bonne fondamentalement et c’est pourquoi nous ne devons pas les rejeter ni les juger, mais il est vrai que les sentiers ésotériques authentiques sont véritablement fondés par une grande expérience et par des principes et lois qui sont fondamentaux pour conduire à ce but qui est la réalisation de l’intégralité de l’Homme. L’ésotérisme, un grand mot, souvent mal compris, mais un mot qui recouvre une connaissance riche, la plus riche qui soit, par ce qu’elle apporte à l’Homme : aider celui-ci à parvenir à « Être » et non plus simplement à penser à « Avoir ».>

 Theodore J. Nottingham : Qu’est pour vous l’idée de Dieu ? 

 Valaire de Gramscott : Il ne faut jamais rejeter les mots en raison de ce qu’ils ont pu recouvrir dans une compréhension passée. C’est pourquoi je ne suis pas de ceux qui disent qu’il faut écarter définitivement le mot « Dieu » du fait de tout ce qui a été fait en son nom ou selon les explications données, à cause de lui ou pour son service.

Dieu, en tant que tel, est inconnaissable et c’est pourquoi je comprends les agnostiques qui, eux, ne cherchent pas à définir Dieu. On ne peut pas le définir, d’ailleurs, et à cet égard, tout le monde, même ceux qui se disent contre ceci sont des agnostiques. Je ne crois pas en revanche qu’il y ait beaucoup d’athées. L’athéisme n’existe pas. L’agnosticisme peut exister, et comme je le disais, beaucoup sont agnostiques.

Ce qui signifie qu’il y a une perception totale du fait que Dieu est inconnaissable. On ne peut absolument pas le définir, le décrire, il dépasse l’intelligence humaine et s’il ne la dépassait pas, il ne serait pas Dieu. Donc, on part du principe, parce que ceci est prouvé, la vie elle-même le prouve, le monde, l’univers, et le fait qu’il est ordonné le prouve, Dieu existe. Dieu EST.

 On peut, en revanche, se mettre en harmonie avec lui, participer à son œuvre, être en relation harmonieuse avec sa création. D’une certaine manière, on peut le connaître, c’est-à-dire l’éprouver, le ressentir dans une communion avec la nature et avec le Cosmos, le Cosmique, c’est-à-dire les lois qui existent et qui sont permanentes et qui sont les lois établies par Dieu. Parce qu’il y a une origine à toute chose, et rien de ce qui est ordonné, une montre par exemple, une horloge, ne peut exister sans qu’il y ait, à l’origine, un horloger : le Grand Architecte ou Dieu tout simplement. Lorsqu’on regarde l’heure à une montre ou à une horloge et qu’on regarde l’horloge elle-même, l’idée de l’horloger peut nous venir même si nous utilisons la réalisation, la pratique, la création de l’horloger. On peut admirer l’horloger, communier avec lui, par l’intermédiaire de ce qu’il a créé. C’est dans les moments de communion cosmique que l’on ressent Dieu, que l’on revêt Dieu.

 Il est dit dans les évangiles : « Vous êtes des dieux » et ces paroles sont mises dans la bouche même de Jésus-Christ. C’est l’idéal qu’il représente pour le monde, or pour qu’une telle déclaration se fasse, c’est qu’il y a donc en nous-même, une parcelle de Dieu et que nous sommes donc participants à Dieu sans être naturellement Dieu unique lui-même : nous sommes des dieux qui sont partis du Dieu.