Je voulais préfacer ce billet par une vidéo, un film que j’avais vu il y a longtemps sur un voyage de l’Abbé Pierre au désert, sur les traces de Charles de Foucauld. Mais je n’ai pu le retrouver (si quelqu’un en trouvait trace, ce serait formidable). De toutes façons Wikipédia dispose d’une biographie très conséquente sur la vie de Charles de Foucauld :http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_de_Foucauld, il suffira de s’y reporter.

Car, en réalité, l’idée première de ce billet est de réfléchir sur le désert. Cette immensité de sable où il n’y a rien ou si peu ; cela est d’ailleurs bien rendu dans le film Lawrence d’Arabie. Il arrive un moment où cette immensité est tellement vide …que l’on peut y voir tout.

Depuis plusieurs années il est une mode d’y séjourner pour quelques jours. J’ai vu des images de tels stages, et j’ai été surpris qu’en réalité notre civilisation, avec toute son intendance de confort plus ou moins minimum, y suive ces nouveaux aventuriers, avec tout le confort moderne :  frigos, ventilation, climatisation, éclairage…

Si l’on considère le désert comme ce vide géographique, c’est bien autre chose, mais il n’est point besoin de beaucoup voyager pour le trouver. Rappelons-nous : le lieu de recueillement des moines chartreux est appelé le désert. De même, beaucoup de congrégations, monastères, couvents, abbayes, ne reçoivent aucun visiteur un jour par semaine, ou suivent cette règle selon des périodes plus longues au cours de l’année : cela s’appelle les jours de désert ! On retrouve cela en orthodoxie dans les monastères grecs ou au Mont Athos.

Ces périodes se passent alors dans le silence et la réflexion. Bien entendu, les exemples que je cite ont une forte notation religieuse chrétienne, mais peu importe. Car tout le monde peut s’instaurer de telles règles, même pour soi uniquement : les moments de méditation peuvent en être l’occasion. Mais attention, car le silence peut être bruyant. J’ai eu l’occasion de participer ou de gérer des méditations de groupes, même si les participants restent apparemment silencieux, il arrive souvent que leurs pensées bruissent de tous leurs problèmes du monde.

Dans son propre désert, hors de toute religion, croyance, directive, on peut y retrouver la plénitude de soi, pas de l’ego, de soi, de son propre Etre, en toute simplicité, en toute humilité  ; et cela est tellement beau et nous transcende. On peut en profiter pour, à l’image de Mère la compagne d’Aurobindo pour descendre à l’intérieur de soi, à l’intérieur de sa propre matière, jusqu’au niveau le plus infinitésimal de ses cellules. Cela peut durer une fraction de seconde, mais cela est. Et là pas besoin de maitre, de gourou ou de guide puisqu’il est évident que chacun est son propre maitre. Et c’est là que le microcosme rejoint le macrocosme, tout ce qui est en haut est en bas ne veut pas dire autre chose.

Même les scientifiques en recherche fondamentale en sont à ce point, les connaissances ont tellement évoluées que ceux qui explorent la matière vont bientôt rencontrer ceux qui explorent l’univers.

Bien sûr, je pourrais vous assommer avec des citations à n’en plus finir, avec des traductions reprises et reprises, mais cela n’a aucune importance, à quoi bon toujours se référer aux autres ? Si j’avais à le faire, je ne vous conseillerais qu’un seul livre publié en 1983, où tout est dit, où tout est écrit par Marie-Madeleine Davy et qui porte si justement le titre du désert intérieur

désert

j'ai maintenu les commentaires de la première édition de cet article en 2013