En 1989 est paru aux éditions du Rocher un livre signé Gérard Galtier intitulé : Maçonnerie Egyptienne, Rose-Croix et Néo-Chevalerie, les Fils de Cagliostro. Il s'agit d'un ouvrage monumental d'environ 500 pages consacré à l'histoire de certains courants initiatiques sur une période s'étendant de la fin du XVIII ième siècle à nos jours (présentation de la quatrième de couverture)

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Le contenu peut en paraître parfois quelque peu complexe, mais il est d'une richesse infinie pour ceux qui s'intéressent à ce sujet. L'auteur aborde non seulement les groupements initiatiques maçonniques mais également martinistes et rosicruciens. Il serait bon d'ajouter ...et autres. On y retrouve des noms souvent cités dans les articles de ce blog : Cagliostro, Papus, Haven, Péladan, Stanislas de Guaita, Bricaud, Saint Yves d'Alveydre, etc..., ces noms venant bien souvent en relation avec Nizier-Anthèlme Philippe dit Maître Philippe de Lyon.

Une ville également attire très souvent l'attention au cours de la lecture des pages : Toulouse, que de nombreux de ces personnages fréquentèrent. Il est absolument impossible de faire un tableau complet de tout cela, avec ses tenants et ses aboutissants.

En ce qui concerne cette ville, nous nous contenterons d'évoquer l'une des sociétés qui y "fleurirent" (ce mot doit évoquer quelque chose pour les amateurs d'Occitanie) : l'AA que Gérard Galtier classe parmi les société secrètes religieuses.

Il nous la présente comme une société secrète religieuse aussi discrète que puissante. AA ? Associatio Amicorumcongrégation chrétienne de charité qui subsista du milieu du XVII ième au milieu du XIX ième siècle. Elle ne fut connue que par la divulgation de ses archives au XIX ième (qui firent l'objet d'une étude parue en 1913 par le Comte Henri Bégouën). L'AA fut fondée vers 1630 par un Jésuite et se consacrait au perfectionnement moral de ses membres ( religieux et laïcs), l'entraide, la prière et l'évangélisation des malades et prisonniers , l'une des raisons de son secret était la modestie et l'humilité. Elles (car il y en avait d'autres d'importance moindre) s'engagèrent politiquement à la Révolution et pendant l'Empire pour défendre les prêtres réfractaires. Celle que nous abordons ici existait à Toulouse en concomitance avec de nombreuses sociétés plus ou moins secrètes religieuses ou initiatiques (il est à remarquer que bon nombre se présentaient comme des sociétés savantes de l'Art, poésie, musique).; le livre les étudient sur de nombreuses pages... 

Mais, lorsque l'on approfondit les recherches, on découvre d'autres sources quant à l'AA : de très nombreuses pages lui sont consacrées dans Action pastorale et problèmes sociaux sous la Monarchie de Juillet (livre numérisé en Google books). Enfin, une étude fort documentée est parue sur le site de Bibliophilie Occultiste et Maçonnique : il n'est pas possible ici de reprendre cette étude fort longue et documentée, mais en voici le lien : http://pierrepainblanc.blogspot.fr/2008/07/une-socit-secrte-decclsiastiques-aux.html

Nous retiendrons le passage final (copie) :

En même temps, derrière cette congrégation ou Société visible, il y en avait une autre, occulte. C’était une véritable Aa, dont l’existence était un mystère, et le nom des membres un mystère plus grand encore. On comptait parmi eux plusieurs personnages politiques. Les réunions étaient secrètes et certains membres, notamment le prince de Polignac, ne s’y rendaient que déguisés. Avant d’être admis dans cette association, il fallait jurer le secret le plus absolu, promettre une obéissance aveugle à des chefs et à des mots d’ordre qu’on ne connaissait pas.

AAecclesiastiques (tirage à 100 exemplaires dont aucun ne sera vendu)

 

Il faut remarquer que cette AA (et d'autres) semble fort hermétique... peut être que, pour ne pas rester dans le brouillard et comprendre, il convient d'avoir un esprit angélique. Cet article peut être complété par une étude publiée par la Société Perillos  où dans une étude consacrée à l'Abbé Saunière on découvre des élément sur AA ainsi qu'une photographie de Philippe Encausse devant le tableau représentant son père..D'autant plus que nous connaissons l'attachement de Philippe de Lyon pour Toulouse : son titre de protecteur d'une société savante, son double prix remis par le docteur Surville (je dis bien : Surville), l'imprimeur de sa thèse médicale. Et qu'une plaque figurant sur sa tombe de Loyasse a disparu (je dis bien disparu) lorsque les héritiers auto-proclamés de la tombe ont donné ordre d'en faire le ménage ! Il est à remarquer que maintenant un poussin en plastique jaune y voisine une vierge sans mains, le tout du plus mauvais gout !

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