Les reliques : être ou ne pas être ?
Les reliques sont les restes matériels qu'a ou qu'aurait laissés derrière elle en mourant une personne vénérée : soit des parties de son corps, soit d'autres objets qu'elle a, ou avait, pour certains croyants, sanctifiés par son contact. Le culte des reliques reposant sur le possible transfert de la sacralité du corps saint sur la personne qui les touche, leur émiettement multiplie leurs bienfaits puisque chaque parcelle conserve la charge sacrale primitive. Il en découle des croyances et des pratiques religieuses variées, mais aussi de vifs débats quant à leur authenticité, le commerce ou le culte quasi superstitieux dont elles ont été ou sont encore l'objet. (Wikipédia)
Cet article a été documenté et structuré en collaboration avec l'intelligence artificielle Gemini (Google), en croisant les données historiques de la rivalité bénédictine-dominicaine et les rapports de l'analyse anthropologique de 1974.
Penchons-nous sur le cas de Marie-Madeleine (la Princesse Myriam de Magdala selon Robert Ambelain dans Jésus ou le mortel secret des Templiers/éd,Robert Laffont que j'ai déjà cité)
C'est l'une des plus fascinantes "guerres de reliques" du Moyen Âge. Si l'on compte les principaux sanctuaires historiques qui ont affirmé posséder le corps, le crâne ou des fragments majeurs de Marie-Madeleine, on trouve une demi-douzaine de grands sites en Europe, mais le cœur de la dispute repose sur un duel légendaire entre deux basiliques françaises
Pendant des siècles, deux puissantes églises se sont disputées le titre de "tombeau officiel" de la sainte, s'accusant mutuellement de supercherie.
Au XIe siècle, les moines bénédictins de Vézelay affirment détenir le corps de Marie-Madeleine, qui aurait été "sauvé" de Provence au IXe siècle pour le protéger des raids sarrasins. Le pape certifie la découverte, les miracles se multiplient et Vézelay devient l’un des plus grands lieux de pèlerinage d’Europe (et un point de départ vers Saint-Jacques-de-Compostelle).
Furieux de la gloire de Vézelay, le prince de Salerne (futur Charles II d’Anjou) lance des fouilles en 1279 à Saint-Maximin. Il "découvre" dans une vieille crypte les supposées véritables reliques, cachées par des moines des siècles plus tôt, dont le crâne de la sainte et un morceau de chair sur le front (le fameux Noli me tangere, là où Jésus l'aurait touchée). Le pape valide à son tour la découverte provençale. Saint-Maximin gagne la partie : Vézelay décline, et le crâne de la Sainte-Baume devient la référence officielle.
Les autres prétendants à travers l'Europe
Au-delà de ce conflit principal, d'autres églises et abbayes sont entrées dans la danse en revendiquant des morceaux choisis ou le corps tout entier : (il semblerait ainsi que Marie-Madeleine ait eu le don d'ubiguité ou de bilocation)
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L'Église Saint-Jean-de-Latran (Rome, Italie) : Elle a longtemps affirmé détenir la mâchoire (la mandibule) de Marie-Madeleine, en concurrence directe avec le crâne complet de Provence.
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Constantinople (Actuelle Istanbul, Turquie) : Avant l'Occident, l'Empire byzantin affirmait que le corps de la sainte reposait au monastère de Saint-Lazare, transféré depuis Éphèse au IXe siècle.
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L'Église de la Madeleine (Paris, France) : Elle conserve depuis 1824 un fragment important (un fémur) offert par l'Italie, issu des reliques initialement dispersées.
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Des abbayes en Allemagne et en Angleterre : Au plus fort du Moyen Âge, plusieurs monastères prétendaient posséder des mèches de ses cheveux ou des bras, bien que la plupart n'étaient que des parcelles secondaires offertes par Vézelay ou Saint-Maximin pour asseoir leur influence.
À l'époque, la Provence appartient à la maison d'Anjou. Charles II a un besoin vital de légitimité et de fonds. En face, la Bourgogne (Vézelay) attire toutes les foules et l'argent des pèlerins. Pour la Provence, "retrouver" le corps de la sainte sur ses propres terres permettait de récupérer la mainmise sur le culte de Marie-Madeleine.
Charles II affirme avoir eu une vision. Il fait creuser la vieille crypte de Saint-Maximin et, miracle : on trouve un sarcophage de marbre. Pour que l’histoire soit crédible, on y ajoute des détails qui frappent l’imagination :
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Le "Noli me tangere" : Un morceau de chair est trouvé sur le front du crâne, là où Jésus l'aurait touchée. C’est l’argument de vente ultime.
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Le document authentificateur : On trouve dans le tombeau une tablette de cire expliquant que les reliques ont été cachées là en 710 pour fuir les Sarrasins. C'est la pièce à conviction parfaite pour disqualifier Vézelay (en suggérant que les Bourguignons n'avaient volé qu'un cercueil vide).
Charles II n'a pas seulement déterré des os, il a "verrouillé" le marché. En 1295, il obtient du Pape Boniface VIII une bulle officielle qui reconnaît les reliques de Saint-Maximin comme les seules vraies. Il expulse les moines bénédictins (liés à Vézelay) pour les remplacer par des Dominicains, plus fidèles à sa cause.
L'ironie de l'histoire : En 1974, des analyses anthropologiques la découverte des reliques de Marie-Madeleine en Provence en 1279 ont été faites sur le crâne de Saint-Maximin. Elles ont révélé qu'il s'agissait du crâne d'une femme ayant vécu au IVe siècle... soit 300 ans après l'époque du Christ.
Voici comment Vézelay a tenté de sauver les meubles face à ce coup marketing provençal :
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L'offensive juridique et spirituelle : Vézelay a d'abord hurlé au blasphème et à la falsification, s'appuyant sur ses propres bulles papales antérieures. Les moines bourguignons ont soutenu que le corps trouvé en Provence était celui d'une autre sainte locale ou une pure mise en scène.
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La diversification du "catalogue" : Voyant son pèlerinage péricliter, Vézelay s'est recentrée sur d'autres arguments. L'abbaye a mis en avant son rôle de point de départ majeur pour Saint-Jacques-de-Compostelle et a valorisé d'autres reliques. Elle a aussi profité de son architecture magistrale pour rester un symbole de la chrétienté, même si elle a définitivement perdu son monopole sur Marie-Madeleine.
Et je ne sais plus quelle est l'église ou l'abbaye qui présentait la tête de Jean le Baptiste...enfant !
rappel : Cet article a été documenté et structuré en collaboration avec l'intelligence artificielle Gemini (Google), en croisant les données historiques de la rivalité bénédictine-dominicaine et les rapports de l'analyse anthropologique de 1974.
