Il fut un temps, dans mes anciennes années, où j'avais facilement la critique analytique (de métier), sévère et même sanglante... Bien des années ont passé, je me suis rendu compte que de tels procédés étaient négatifs et ne rendaient pas de service à la personne concernée car ne laissait pas de place à l'explication et même pouvait l'abattre !

De plus je me suis engagé sur une voie qui préconise tout le contraire...mais que je ne peux pas suivre toujours car je ne suis pas un saint. Et depuis quelques années, j'essaie de modérer mes critiques éventuelles, de mettre en exergue mes constatations, je laisse toujours à l'autre une porte de sortie ; regardez un animal, par exemple un chat, lorsque il est acculé quelque part sa seule solution est d'attaquer à son tour et de griffer ou de mordre.

Parfois l'autre ne saisit pas l'échappatoire ou la possibilité qui lui est offerte et répond par la négativité ou l'agression : cela signifie qu'il n'a rien compris et je dois alors m'adapter à son niveau de conscience (pour mémoire j'étudie la psychologie sociale depuis 1974). Et je ne critique que ce que je connais: j'écrivai un jour que je n'y connais rien en yoga, et bien je n'irai jamais déposer mon grain de sel dans une conversation sur ce sujet. Par contre il est certains sujets où j'ai la prétention d'avoir une certaine connaissance...il m'est arrivé de critiquer ainsi et d'avoir pu rétablir une vérité.

Donc lors d'une critique, toujours proposer une autre solution, une autre hypothèse pour ouvrir le dialogue. Je fréquentais un forum d'un magazine politique, et bien il y existait une intervenante avec laquelle il était impossible de dialoguer : ses interventions tournaient au monologue agressif.

Une autre solution existe, c'est d'intervenir discrètement, hors du public, pour poser des questions ou dire mon désaccord : cela m'est déjà arrivé sur un site et s'est toujours bien conclu, entre gens de bonne compagnie. Toujours sur ce site, il est des critiques que je n'exprimerai pas, par rapport à ce que je connais, car je déclencherai alors de fortes polémiques inutiles face à des certitudes qui rassurent leurs auteurs.

Moi aussi je peux être critiquable mais alors il faut en accepter le contredit éventuel. Pour critiquer à bon escient il est nécessaire de connaître un peu l'autre, ses habitudes, ses propres connaissances. Vous savez que je suis un adepte de la devise des Bénédictins ora et labora (prie...ou médite, et travaille dans ton oratoire ou ton laboratoire) et cela depuis bien des années (en 1988) ; mais il faut sans cesse se remettre à l'ouvrage, comme la morale d'une fable de La Fontaine, chaque matin reprendre le travail, se remettre en question. C'est ce que font de nombreux cherchants dans le monde entier mais ils restent discrets et ne font pas de tapage médiatique.

Et on acquiert ainsi par des pratiques une sorte de mécanisme qui se met en route selon les circonstances. j'avoue qu'il m'est parfois difficile dans une conversation de regarder quelqu'un dans les yeux car je sais alors tout ce que l'autre veut cacher de sa personne. De même à la vue d'une photo, à l'écoute d'une voix, devant une situation ou à la lecture d'un texte : car toutes les formes d'expression dévoilent la personnalité de leur auteur. Alors il m'arrive très souvent de faire l'imbécile, de ne rien comprendre (cela est un mécanisme que l'on acquiert après des années de travail sur soi...comme les Bénédictins). Mais rassurez-vous : je ne fais pas partie de ces gourous auto-proclamés qui de nos jours viennent du Canada ou d'autres pays exotiques ou non, par suite d'une législation libérale ou inexistante et qui maintenant se répandent en France dans tous les domaines...

Je m'amuse ainsi à faire connaître des textes, des vidéos, importantes (selon moi direz-vous, non selon la Tradition). Il fut un temps où je retirais parfois certaines choses, mais maintenant je ne le fais plus, les choses passent comme les grains de sable qui s'écoulent...

Et beaucoup confondent critique et constatation, alors que ces deux choses sont totalement différentes et n'ont aucun rapport. Ah tu critiques ! Alors que j'annonce des faits constatés...Mais cela les rassure et leur permet de se cacher derrière leur...critique.

Il apparaît que de plus en plus dans les moyens d'expression, médias et autres, certains font profession de la critique (la lecture des forums d'information en est fort édifiante) : sur tous les sujets ils ont un avis négatif qui leur permet d'exister même sans connaître le sujet en question. Un autre exemple : des médias, pour combler un vide, font appel aux passants de la rue pour critiquer un fait, une personne (que pensez-vous de la disparition des grenouilles hermaphrodites du lac Titicaca?)

Nous sommes dans un monde ou le paraître prime l'être...

(vous pouvez consulter mes articles sur l'ego en cliquant égo -avec un accent - dans le moteur de recherche en colonne de droite)

lionmoi