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illustration extraite du site orthodoxie.com

Recension: Père Porphyre, «Vie et paroles»

Porphyre_vie&paroles Père Porphyre, «Vie et paroles», traduit du grec par Alexandre Tomadakis, préface de S. E. Irénée, archevêque de toute la Crète, avant-propos de Jean-Claude Larchet, éditions L’Age d’Homme, Lausanne, 2009, 318 p. (collection «Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle»).
Ce volume est, dans la même collection, le deuxième à être consacré à la figure spirituelle exceptionnelle du père Porphyre.
Dans le premier volume, intitulé «Anthologie de conseils», le corps du texte était constitué de paroles de l’Ancien, classées thématiquement, puisées dans une dizaine d’ouvrages qui lui ont été consacrés par divers auteurs. Ce second volume, intitulé «Vie et paroles», est d’un style tout différent. Il a l’avantage de reproduire plus fidèlement les propos de l’Ancien, puisqu’il est constitué, pour une grande part, par des transcriptions d’enregistrements et, pour une part moindre, par des notes prises auprès de lui.

 

La première partie, biographique, est composée de récits de l’Ancien lui-même; on y trouvera moins de détails sur sa vie que dans le volume précédent, car le Père Porphyre parle (bien que cela n’apparaisse pas) en réponse à des questions posées, se concentre sur des épisodes qui l’ont particulièrement marqué et, par humilité, cache beaucoup des qualités que reconnaissaient en lui ses enfants spirituels et ses visiteurs. Ces lacunes biographiques (qui justifient la brève récapitulation biographique que l’on trouvera au préalable) et cette discrétion sur soi-même sont cependant compensées par un récit beaucoup plus continu, au ton très personnel et touchant, à travers lequel s’expriment, au point d’impressionner fortement le lecteur, quelques-unes de vertus majeures de ce grand spirituel: son extrême simplicité, sa très grande humilité, son amour sans réserve pour Dieu et pour le prochain, son absolue confiance en la Providence divine, sa vision indulgente et optimiste de l’homme, son amour profond de la création…
La seconde partie aborde des thèmes qui sont moins nombreux que dans le précédent volume, mais qui sont tous essentiels pour la vie spirituelle et qui sont traités d’une manière plus ample, plus systématique et plus approfondie, et surtout dans un style direct qui, d’une part, ne subit pas les déperditions de la mémoire des témoins ni le risque d’infléchissement de sens impliqué par leurs commentaires et qui, d’autre part, est très touchant parce que manifestement et sensiblement empreint des vertus et de l’expérience de l’Ancien.
Dans ce livre le lecteur est donc mis en permanence en rapport direct avec la parole même du père Porphyre, comme s’il était à ses côtés, et il en ressent la grâce.
Tous les thèmes traités par le père Porphyre le sont d’une manière très originale, souvent surprenante, ce qui s’explique par sa voie et son expérience propres, mais aussi par le fait que, s’exprimant à la fin de sa vie, il parle du point de vue de la sainteté qu’il a atteinte. Cela explique par exemple que, à la différence de certains pères, il évoque peu le rôle de l’ascèse dans sa phase première (le combat contre les passions), pour tout miser sur le pouvoir de l’amour; ou que, s’agissant de la prière, il en exclue toute demande liée à un intérêt personnel quelconque; ou encore qu’il préconise une éducation des enfants fondée exclusivement sur l’exemple et la prière. Particulièrement remarquable est sa théorie de la puissance cachée, positive ou négative (que subit l’enfant d’une manière déterminante dès sa vie intra-utérine), des pensées que les hommes ont vis-à-vis des autres, et de la nécessité de les maîtriser (notamment par la prière) pour les orienter dans le sens du bien et de l’édification spirituelle commune. À cela s’ajoute beaucoup d’enseignements remarquables et marquants sur l’Église, l’amour divin, la prière, le combat spirituel, l’état monastique, le repentir, l’amour du prochain, la divine Providence, les pensées du cœur, la création, les maladies et enfin sur le don de clairvoyance que possédait l’Ancien et qui lui permettait non seulement de lire dans les âmes, mais de voir à travers le temps et la matière.
L’archimandrite Basile (Gondikakis), higoumène du monastère d’Iviron au Mont-Athos et représentant majeur de la spiritualité orthodoxe contemporaine, a dit, après avoir lu ce livre: «C’est le livre du siècle!» Beaucoup de lecteurs ont partagé son enthousiasme, tout d’abord en Grèce, où l’ouvrage a connu un immense succès (il en est à sa huitième édition), puis dans les nombreux pays où il a déjà été traduit.
Le livre est disponible à la librairie L’Age d’Homme, 5 rue Férou, 75006 Paris, et sera prochainement en rayon les autres librairies. Il peut aussi être commandé sur le site Internet de l’éditeur.
Jean-Claude Larchet

Cet article a été publié par le site    https://orthodoxie.com/recension-pere-porphyre-vie-et-paroles/ le 28 juin 2009 et le livre en question a été de nouveau présenté par l'émission Orthodoxie sur France 2 le matin du 25 décembre 2017.

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Et un article publié le 5 avril 2009 par le blog orthodoxologie.blogspot.fr 

Un de mes bons amis qui m’a recommandé le livre sur le staretz Porphyre, m’a déclaré: «[Le lire]C'est comme se baigner dans la lumière de l'Esprit Saint".
Un des grands Pères spirituels de l'Église orthodoxe, le staretz Porphyre, est le saint contemporain qui a commencé sa vie monastique sur la Sainte Montagne de l’Athos à l'âge de douze ans et s’est endormi dans le Seigneur en Décembre 1991, alors qu'il était âgé de 86 ans.
Pendant la durée de toute cette vie d'obéissance, de prière et de joie et d'amour pour le Christ, le saint staretz a reçu de nombreux dons spirituels, parmi eux le don de seconde vue et celui de la guérison. Il s’adressait à de nombreux visiteurs par leur nom de baptême avant même qu’ils ne lui soient présentés; il pouvait voir les enfants dans le sein de leur mère enceintes, les eaux souterraines, les âmes des hommes, des maladies non diagnostiquées et les bains de sang à venir. Il appelait ses enfants spirituels et ses frères moines, même pendant la nuit, en leur demandant instamment de prier pour leurs frères serbes dans le Christ, voyant avec ses yeux spirituels la grande tragédie qui pesait sur la nation serbe, bien avant que quiconque ne puisse imaginer la souffrance qui était encore à venir.
Maria Ioannidou Condoyani écrit à propos du staretz: "Il avait le sourire d'un enfant du Royaume des cieux et cette sorte d’innocence que l'on peut trouver seulement chez les petits enfants. Il possédait également la parfaite pureté qui le faisait paraître immatériel et translucide, comme du verre; en lui on pouvait voir son propre reflet avec toutes les conséquences de l'état de chute.
Elle se souvient de la façon dont elle a dit à ses parents, après son retour d’une visite au staretz qui était à Athènes à l'époque: «Cet homme m'aime beaucoup plus que vous. Je comprends maintenant combien le Christ nous aime tous."
Bien que chacun des nombreux enfants spirituels du staretz ait toujours reçu des conseils et une guidance spirituelle toujours adaptés à sa personnalité et à ses besoins, le père Porphyre s'efforçait de donner à tous l'ascèse de l'incessante répétition de la prière du coeur ( "Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, ont pitié de moi pécheur "). 
Il a enseigné que la vertu la plus importante que tout le monde a besoin d'obtenir par la prière, la fréquentation de l'église et des saints sacrements, est un immense amour pour le Christ plein de joie et sans limites. Le saint staretz enseignait que toutes les autres vertus sont dérivées et construites sur celle-ci, c'est-à-dire sur l'amour qui brise la lourde carapace du péché qui nous lie à la mort, l'amour qui ouvre les portes de la Lumière, qui est le Christ.
Saint Père Porphyre, prie pour nous!
Version française Claude Lopez-Ginisty
et sur Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Porphyre_(Baïraktaris) (si ce lien ne fonctionne pas faire du copier/coller de l'URL)