J'ai retrouvé les textes d'un très ancien blog (abandonné depuis)

21/01/2010 20:37:31
Dans la fin des années 90, je suis retourné à l'école, ainsi que beaucoup d'autres, sous la conduite d'un Maître d'école au charisme extraordinaire.
Il nous a fait faire beaucoup de révisions des connaissances et nous a permis d'en apprendre plus ; de par sa qualité et son intelligence il nous a transmis un savoir, parfois même scientifique, hors du commun. En classe, nous avions des devoirs écrits et oraux, avec des sortes d'examens pour tester la capacité des élèves, leurs aptitudes et leur sérieux.
Et tout cela avec une grande humilité, une grande bonté. Il nous confia même, lors des leçons de morale, ce qui était son éthique de vie et qui lui avaient permis d'arriver à sa grande sagesse.
Dès le début, élève appliqué et attentif, je me suis rendu compte que certains autour de moi venaient à l'école par jeu, par orgueil ou pour la satisfaction de leur ego  ; assis sur leurs certitudes antérieures, ils prétendaient être les premiers de ses disciples, générant jalousies, rancoeur et racontars, tous voulant être auprès du Maître de l'école pour avoir plus chaud, alors qu'il leur suffisait, comme moi, de rester au fond de la classe, près du radiateur en ne venant que de nulle part.
Ils brandissaient le code moral qu'il avait confié comme un étendard, un bouclier et une épée ; l'étendard pour clamer leur importance, le bouclier pour se réfugier derrière et l'épée pour attaquer les méchants. Et , en effet, ils furent les premiers à quitter l'école ! Alors que ce code était beaucoup plus subtil que cela et donnait les clés de toute une éthique de vie, hors de toute notion religieuse, sociale ou politique. En effet, par exemple, il leur était difficile de faire la part des choses entre constater et critiquer.
Modèle qu'ils s'empressaient d'oublier dans la vie de tous les jours, dans leur mode de vie, donnant cours à la polémique, à la colère, et à d'autres éléments négatifs, oubliant que la règle principale qui leur avait été inculquée était "servir". Certes ils servaient mais toujours pour la  satisfaction de leur égo, avec le plaisir de dire "moi j'ai fait" ; alors qu'il eût fallu rester dans la simplicité, la modestie.
Jamais le Maître d'école ne donnait de punitions ou plutôt quand il le fit une ou deux fois, il s'en excusa peu après, au contraire il ne donnait que des compliments, encourageant les uns et les autres pour leurs actions ; mais ces derniers ne se rendaient jamais compte que dans la parole d'encouragement il n'y avait pas de jugement, parfois même un jeu de mots.
Car, en plus, il avait beaucoup d'humour tant dans ses paroles que ses enseignements.
Je suis très fier d'avoir toujours suivi ce que m'a appris et montré cet instituteur depuis le début, sans le trahir, et encore à ce jour, de les appliquer encore. Ils m'ont tout apporté, ils m'ont tout permis, ils m'ont protégé moralement et physiquement, ils m'ont donné une certaine sérénité en toutes occasions , aussi une certaine réussite et surtout m'ont aidé à servir les autres , dans la mesure de mes moyens.

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Rien de ce qui est humain ne nous est étranger
25/01/2010 09:58:18
On me dira, à la lecture du billet précédent, qu'il semblerait que finalement les enseignements du Maître d'école n'avaient pas trop de résultats positifs puisque certains n'y donnaient pas suite ou les détournaient de leur droit chemin.
Le Maître nous répétait inlassablement cette devise : "rien de ce qui est humain ne nous est étranger". Il nous proposait, mais chacun, quoique dans une démarche volontaire, gardait son libre-arbitre, sa propre volonté, d'où les digressions, les sursauts d'égos, que j'ai évoqués. Il connaissait trop bien la nature humaine pour savoir que tout n'est jamais absolument parfait et que l'Homme est la proie du Bien et du Mal, et ses enseignements tendaient à donner des outils pour éliminer au mieux ce qui est mal.
Dans le cadre de ses leçons de morale, il nous avait demandé de tenir un cahier ou un carnet d'examen de conscience où nous rapporterions quotidiennement nos actes, nos pensées, nos réflexions, ceci pour nous permettre de nous améliorer. Je sais que, contrairement à certains qui, comme moi, le tenions consciencieusement (là est bien le mot), d'autres, blasés, ne prenaient pas cette peine (ils firent partie de ceux qui quittèrent l'école rapidement). Et cela sans se rendre compte que cette écriture de chaque jour faisait partie du travail d'école.
Les enseignements étaient très variés : certaines fois il abordait la Sagesse antique, nous parlait des Philosophes de l'Egypte, de la Grèce  ou de l'Orient. Leurs réflexions nous permettaient d'ouvrir de riches débats.
Toujours au sujet du monde antique, il nous donnait des cours d'histoire ou de connaissance des sciences telle la mathématique avec Pythagore.
D'autres fois, il abordait la physique nucléaire, nous expliquant le fonctionnement de l'atome, du système solaire, nous donnant conscience de l'infiniment petit à l'infiniment grand.
Ils nous donnait à entendre et à connaître des grands compositeurs de musique tels que Mozart, Massenet, Wagner, Gounod, ou alors les chants grégoriens ; il n'hésitait pas à nous présenter aussi des compositeurs contemporains comme Philippe Glass ou Arvo Pärt.
Dans le domaine des Religions, il nous donnait des notions sur chacune, citant des textes essentiels, nous parlant du monachisme, du chamanisme, des monastères cisterciens ou tibétains.
Nous eûmes droit à des cours sur l'économie mondiale, la répartition des richesses, le développement durable (avant l'heure !), les problèmes écologiques, ceux de l'alimentation mondiale.
Voilà un peu, parfois dans le désordre, ce que le Maître d'école nous permit de réviser ou de découvrir, proposant toujours mais n'imposant jamais, laissant toujours le champs ouvert à la discussion.

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11/02/2010 09:46:13
Pour revenir au Maître d'école qui m'enseigna à partir de cette année là aussi bien par des révisions des connaissances précédentes que par l'acquit de nouvelles connaissances, quelques uns de ses cours portaient sur la morale.
Je sais que beaucoup le laissèrent tomber, ne s'en servant à l'occasion que comme un drapeau virtuel, d'autres ne firent jamais le travail proposé ou l'abandonnèrent en route.
Il nous fit comprendre que rien n'était plus important que le respect des autres, outre de soi-même, mais aussi de la nature, enfin de tout ce qui est. Il nous donna une sorte de code que nous devions étudier et notamment le soir lors de la rédaction de notre journal de bord, dans le style "fais ceci, mais par contre ne fais pas cela". Pour le suivre intégralement, il aurait fallu être saint, c'est d'ailleurs ce que je lui ai écrit un jour : il en était pleinement conscient, mais pour lui chacun devait avoir ces préceptes à l'esprit et essayer de les suivre dans la mesure de ses moyens et capacités.
Je reviendrai plus tard sur le contenu de ce code, j'ai donc essayé depuis de le suivre au mieux de moi-même, et cela ne m'a pas trop mal réussi puisque j'en suis devenu immensément riche ; oh, pas riche d'espèces sonnantes et trébuchantes, mais riche en esprit. Et depuis, cela ne m'a jamais abandonné, me donnant des ouvertures auxquelles je ne pensais même pas, m'ouvrant des portes inattendues, et cela dure encore au moment où j'écris.
Et cela m'a permis de solutionner tous les problèmes qui se sont posés à moi, aussi bien au point de vue social que matériel ou dans le domaine de la santé, car j'en a eu des problèmes, comme tout le monde, je les ai analysés en moi, étudiant sans concessions les tenants et les aboutissants et prenant les décisions adéquates. On me dira qu'il est difficile de maîtriser des problèmes de santé : oui cela est difficile , mais il a suffit que je sois lucide et honnête avec moi-même pour que les solutions arrivent. Pas définitivement, il est des plaies physiques que l'on ne peut résoudre, mais comme j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire ici, on apprend à apprivoiser la douleur, c'est ce que j'ai fait (d'ailleurs déjà 40 ans avant 1988).
Pour revenir au Maître d'école, il travaillait lui-même sans arrêt dans la réflexion, l'analyse, remettant chaque jour l'ouvrage comme l'a écrit La Fontaine. Il me faisait penser à ces moines Bénédictins qui travaillaient aussi chaque jour pour affiner encore leur oeuvre, avec la devise "Ora et Labora" Prie, et travaille ; d'ailleurs chacun de ces mots a donné le nom de leur lieu de travail : l'oratoire où l'on prie, et la laboratoire, où l'on travaille.

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la loi du juste milieu, sans excès
14/02/2010 10:24:29
L'une des règles les plus importantes sur laquelle notre Maître insistait beaucoup était la Loi du juste milieu.
D'ailleurs, le code moral qu'il nous avait confié contenait cette Loi dans chacun de ses articles. Et cela dans tous les domaines de la Vie, de notre vie personnelle jusqu'à  notre approche de ce qui nous entoure.
Il nous conseillait certes de ne pas subir, mais aussi de ne pas aller dans le sens de l'excès, ces deux extrêmes contraires n'étant pas bénéfiques pour l'Homme ; nous étions bien avertis que ceci n'était pas une notion contraignante, mais si nous ne la respections pas, un jour nous devrions en payer les conséquences.
Cela ne signifiait pas que nous devions tout accepter, mais que nous devions agir et réagir après maintes réflexions, après avoir pesé le pour et le contre, aussi bien pour nous-mêmes qu'envers les autres, et pour cela suivre les grands principes de Sagesse.
Ou tout au moins essayer de les suivre, car, comme je l'ai déjà dit ici, il aurait fallu être saint pour suivre à la lettre ces préceptes.

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nos études
15/03/2010 10:11:23
Le Maître nous donnait sans arrêt l'occasion de vérifier nos connaissances et aussi surtout d'améliorer encore notre niveau de conscience. Et cela par différents travaux.
Il nous présentait des résumés écrits sur lesquels nous devions réfléchir et travailler en y apportant une part de nous-mêmes. Ces résumés portaient sur les différents sujets du programme, tant sur l'économie du monde, sur la natalité, l'écologie que la science, la technologie, la philosophie ou la mythologie. Lui-même, il avait passé des années à étudier ces sujets, dialoguant parfois directement avec des spécialistes et même à les ressasser avant de rédiger ses leçons.
Il les avait subdivisées en cycles, primaire, secondaire, terminale, universitaire.
Nous pouvions y réfléchir pendant un mois, annoter de nos réflexions notre cahier de devoirs quotidien et en discuter entre nous lors de nos heures d'études. Parfois il réunissait toutes les classes pour un grand travail en commun et nous donnait alors des informations complémentaires qui venaient compléter ce que nous avions appris ou nos réflexions précédentes. Pour ceux qui voulaient aller plus loin, il fournissait alors des références bibliographiques pour les aider justement dans leurs réflexions.
Car les sujets abordés menaient toujours à un travail sur soi-même, en toute humilité dans le secret de son coeur et de sa conscience. Et libre à chacun de faire ce travail honnêtement.
Et cela n'avait qu'un but unique : aider à élever le niveau de conscience de chacun, dans le pur respect des autres et de tout ce qui est. Et il pensait qu'ainsi nous pourrions réaliser de grandes et belles choses, sans arrières pensées et sans buts égotiques.