J'ai maintes fois cité les Cathares en références dans mon blog (bien que, eux-mêmes, ils ne s'appelaient pas ainsi, seulement Bons Chrétiens ou Bons Hommes, c'est un moine allemand Eckert de Schonau qui les appela ainsi dans un sermon de 1163) :

voir http://www.canalblog.com/cf/search.cfm?q=cathare&bid=1009539&searchbtn=Rechercher

J'ai ainsi expliqué avoir eu le bonheur d'assister pendant 5 ans à des séminaires animés par José Bové qui fut ami et secrétaire du Patriarche Déodat Roché puis, entre autres, rédacteur en chef des Cahiers d'Etudes Cathares, également auteur de volumineux ouvrages érudits sur le sujet ainsi que sur le Mont Athos ou Rudolf Steiner : vous trouverez évocation de ces ouvrages dans mes articles (lien ci-dessus). Par ces différentes sources j'ai pu me faire une idée de la réalité des Cathares, ayant été influencé par un certain folklore nouvelageux (par exemple les robes des Bons Hommes étaient noires et non blanches...)

Mais aujourd'hui je vais reprendre un écrit de l'autre Patriarche : Antonin Gadal. Je les ai tous deux évoqués dans mon article sur le Mont du Soleil :

http://www.verlatradition.fr/archives/2012/06/16/24510184.html avec, déjà, un passage du livre Sur le Chemin du Saint Graal de Antonin Gadal.

L'Ermite

Le jeûne supplémentaire de Matheus avait pris fin.

Pâle, maigre, mais le corps , le coeur, l'esprit solides comme la roche dans laquelle il vivait, il attendait la venue du Vieillard.

Levé au petit jour, suivant l'habitude, il alla dans la Grande Salle attendre les Voix de l'Heure et de l'Oraison (des voix semblant tomber de nulle part et qui rythment le temps dans l'immense caverne).

Sa prière à peine terminée, il sentit une main légère se poser sur son épaule ; il se releva, se retourna, et se trouva devant le Vénérable Maître.

D'un signe, sans un mot, ce dernier lui ordonna de le suivre ; respectueusement, Matheus marcha sur les traces de l'ombre qui s'enfonçait dans les galeries. Le Vieillard le conduisit, par le réfectoire, dans la Chapelle ; génuflexions, oraison. Puis dans les Ateliers, où les Frères et les Novices commençaient à arriver.

Au fond de la salle intérieure, par des encoches taillées dans le roc, ils arrivèrent au sommet de la paroi ; petite sortie dissimulée, passage rampant et obscur, salle basse à demi-éclairée, ouverture à moitié montagne, à pic, sur le lac dont les eaux baignaient la base des rochers, au fond, tout au fond du précipice.

Le Vieillard ne voulut pas voir le geste instinctif de recul du Jeune devant cet impressionnant spectacle ; il continua sa marche lentement, par des aspérités du roc, s'aidant des touffes de buis accrochées là comme par hasard.

Matheus se domina, dompta sa peur, et suivit ; le passage avait une vingtaine de mètres à flanc de montagne, mais formant un précipice de plus de trois cents mètres.

Ils se trouvèrent alors devant une petite grotte, presque au sommet de la montagne, du côté opposé à l'entrée des Églises.

Le Maître s'arrêta un instant, semblant inspecter les lieux.

Matheus put voir ainsi un chemin dans la roche conduisant au plateau supérieur ; comme il avait visité maintes fois les Églises supérieures, il se rendit compte que, en dehors de la Galerie-cheminée intérieure, ce chemin extérieur reliait le bas et le haut ; pas facilement, certes, puisque caché par les ronces, les herbes et les buis.

Sur la paroi droite de la grotelle,il distingua quantité de signes, dessinés grossièrement au moyen d'un mince charbon.

Comme il s'attardait à les regarder en détail : " Vois-tu, lui dit le Vieillard, nous sommes les continuateurs des Apôtres et de Chrétiens de l'Eglise Primitive, en même temps que les Conservateurs de leur Science et de leur pure Spiritualité. Ces signes, que tu ne comprends pas, mais que tu vas incessamment apprendre à saisir, te rapprocheront encore d'avantage de Celui qui nous a montré le Chemin ! "

Un sentier partait de là, courait à flanc des éboulis détachés du plateau, pour, à cent mètres plus loin, rejoindre la roche à l'avancée de la Montagne d'Ussat. De nombreuses grottes s'ouvraient là. Celle où ils entrèrent s'appelait la Grotte de l'Ermite.

Ils traversèrent une enceinte murée, ouvrirent une porte placée dans le mur de défense de l'avant-grotte, entrèrent dans une galerie, puis, dix mètres plus loin, ils se trouvèrent dans une salle spacieuse éclairée directement par la lumière du jour.

Quelques Parfaits se promenaient dans la salle, perdus dans la lecture de volumineux manuscrits. Personne ne fit attention à l'arrivée de Matheus, que le Vieillard abandonna à Guilhem. Oui, Guilhem qui avait quitté les Églises d'Ussat avant son Jeune qu'il, attendait à l'Ermite. De nouveau, Guilhem servit d'Ancien à Matheus, heureux de retrouver un bon camarade. Il lui servit de guide.

Peu de changements du côté matériel : réfectoire, repas, couches, etc...Moins de travail manuel, beaucoup plus de travail intellectuel.

La nouvelle grotte était plus longue que les autres ; elle traversait la montagne. La Chapelle était à la sortie. Matheus fut frappé en la voyant : il avait rampé à plat ventre pendant une dizaine de mètres, péniblement même, dans l'obscurité, après avoir traversé un grand nombre de salles et de galeries ; en se relevant, il s'était retrouvé brusquement en pleine lumière dans la Chapelle. C'était une salle de forme circulaire à voûte, peu élevée, mais se perdant dans la diaclase (sillon très profond dans la roche)  de formation jusqu'à mi-montagne, à perte de vue. Le  jour arrivait par la diaclase, et, tel un lustre répandait dans la Chapelle une lumière douce, intime.

Matheus remarqua, à l'Est, un bassin demi-circulaire en marbre poli :" c'est la Fount Sacra (la Fontaine sacrée), lui expliqua Guilhem. Derrière la Fount Sacra, à ce passage voûté y faisant suite, commence le Labyrinthe. Je ne puis te dire rien de plus, car ces endroits nous sont encore interdits. Retournons ! "

Ils rentrèrent dans la grotte intérieure par le passage rampant, visitèrent les belles galeries revêtues de blanches concrétions, et gagnèrent la salle d'entrée. Matheus se rendit compte qu'il n'aurait aucun mal à se faire à sa nouvelle vie : il était préparé à affronter la deuxième partie de son Initiation.

Le passage que j'ai choisi ne présente aucune des cérémonies, aucune des oraisons (prières), aucun des rituels présentés par Antonin Gadal. Nul doute que certains lecteurs voudront en savoir plus : ils pourront donc se procurer et lire Sur le Chemin du Saint Graal écrit par Antonin Gadal et régulièrement réédité depuis 1960 par Le Lectorium Rosicrucianum de Haarlem/Pays-bas qui a recueilli la totalité des archives du Patriarche, ISBN 90.70196.182 (publicité entièrement gratuite et totalement désintéressée).

Nous sommes là bien loin des divagations des tenants nouvelageux...

(pour les explorateurs : cherchez grottes de Lombrives et d'Ussat)