Les recherches et réflexions sur Nizier-Anthèlme Philippe, Papus et leur entourage ont amené à d’autres recherches collatérales ; nous avons ainsi, par exemple, déjà découvert l’érudition du gendre du mage Philippe, Emmanuel Lalande sous le nomen de Marc Haven dans ses travaux sur Cagliostro.Et c’est ainsi que s’est posée une autre question, quant à une histoire de médaille. Et là apparait un curieux mystère tels que nous en avons tant rencontrés sur notre chemin, cela s’appelle donc la médaille voyageuse.

médaille polonais

Au moins trois comptes-rendus circulent sur son histoire, qui vont être résumés ci-dessous.

D’abord, elle est présentée par le livre quelque peu volontiers mystérieux, réédité récemment : La guerre des cerveaux, les 7 têtes du dragon vert, dont l’auteur est lui aussi mystérieux, signant sous le nom, de Teddy Legrand. Ce livre, nous dit-on, dévoilerait de grands secrets et se présente comme un véritable roman d’espionnage à la James Bond ; il est préférable de laisser le lecteur s’en faire une opinion personnelle…Néanmoins il présente au cours des pages cette fameuse médaille, extraits :

…une petite médaille de cuivre, dont l’avers portait le profil assez reconnaissable du Christ, entouré des lettres yod et schinn (voir à ce sujet précisions en commentaires) , à ce qu’il me sembla, du moins, et dont le revers se chargeai d’une courte inscription hébraïque…j’avais reconnu, pour ma part, ce fac-similé de la pièce de monnaie antique, familière aux archéologues et que les numismates désignent du nom de Denier de Trajan…je savais que de gros volumes lui avaient été consacrées…

Plus loin  figure l’illustration de ce Denier ayant appartenu au général Koutiépoff , chef incontesté des Russes blancs (selon le livre) et surnommée la médaille du campo dei Fiori.

Une seconde présentation de cette médaille est faite par l’Assemblée fraternelle des Chrétiens unitariens (AFCU) qui eut Théodore Monod comme Président d’Honneur et qui selon son propre site se propose de réunir par les échanges, l'amitié et le culte tous les chrétiens qui n'adhèrent pas au dogme de la Trinité, ni aux autres dogmes. Elle se réfère à la Réforme protestante anti-trinitaire du XVI° siècle. Elle s'inscrit dans un christianisme de théologie libérale et adogmatique, ouvert à toutes les autres religions et spiritualités qui contribuent au patrimoine de l'Humanité. http://www.chretiens-unitariens.fr/

Elle présente donc cette médaille comme son symbole, médaille de reconnaissance des membres de l'Eglise des Frères de Pologne et de Lituanie qui a rejeté la Trinité, dite "Ecclésia Minor" (XVI°-XVII° siècles). Il est expliqué qu’elle fut diffusée par un mouvement spiritualiste les Amitiés spirituelles. ET son histoire en est connue  Il s’agit de la médaille de reconnaissance des Frères polonais de la Petite Eglise (anti-trinitaire) de Pologne et de Lituanie, qui a été frappée à Nuremberg au début du XVII° siècle. Le portrait de Iéshoua’ correspond à celui de la médaille du sculpteur milanais G. Antonio Rossi, laquelle était une commande du pape Pie V vers 1570. Du fait de leurs croyances, les anti-trinitaires n’ont pas reproduit l’auréole crucifère.

Elle a donc été créée pour la première fois en 1570 puis diffusée au début du XVII ième siècle (suivent les coordonnées et tarifs  du bijoutier qui la commercialise actuellement sous différentes formes). Il est ajouté : C’est avec une profonde émotion que les unitariens portent cette médaille historique. Un autre chapitre revient sur son histoire http://www.labesacedesunitariens.com/article-12137764.html  Si le lien ne fonctionne pas directement cherchez l’article sur la médaille de reconnaissance des Frères polonais (2ième partie) par Albert Blanchard-Gaillard paru le 2 septembre 2007, avec une grande érudition et preuves à l’appui ; la rapporter ici serait trop long. Extraits :

En mars 1897, à Rome, sur la place du " Campo dei Fiori ", non loin du palais Farnese, siège de l’ambassade de France, se tenait comme tous les mercredis un marché à la ferraille, sorte de gigantesque brocante. Un touriste français, A. J. Boyé, dit Boyer d’Agen, " érudit régionaliste ", y dénicha, au milieu d’autres pièces, une médaille très oxydée et sale qu’il paya " deux sous ".
Nettoyée, elle laissa apparaître un visage – apparemment celui du Christ – et des inscriptions hébraïques. Boyer, séduit, la porte d’abord en breloque, quand des orfèvres parisiens la remarquent et obtiennent le droit de la reproduire. On en vend alors un assez grand nombre d’exemplaires, en or, en argent ou bronze (ce qu’on continue de faire).

Une analyse complète en est présentée d’où il ressort clairement que cette médaille ne peut venir que du XVII ième siècle.

Enfin, une troisième version de la médaille est présentée par les Amitiés spirituelles  (déjà évoquées ci-dessus) et qui, selon ses dires, se présente comme L’association des Amitiés Spirituelles groupe les personnes de bonne volonté, quelque soit leur nationalité ou leur religion, qui reconnaissent le Christ comme le seul Maître de la vie intérieure et l'Evangile comme la vraie loi des consciences et des peuples. Avec comme travail : les membres des Amitiés Spirituelles s'attachent à faire passer dans leurs actes les maximes de l'Evangile ; ouvriers, employés, patrons, pères, mères, citoyens, ils essaient d'accomplir ces diverses tâches avec une conscience intègre, chacun dans son cercle d'action.

Sur le site http://www.amities-spirituelles.fr/page7.html puisque par honnêteté il est pris ici comme ligne de conduite de donner toutes les références, il est indiqué (repris également dans des publications et ailleurs) que cette médaille était, pendant les persécutions romaines, un signe de reconnaissance entre disciples et serait donc un portrait authentique datable des environs de 70 de l’anno domini. Je laisse donc le lecteur prendre connaissance de cette certitude. Les références entre les deux versions peuvent apparaitre disproportionnées dans leur longueur, mais ne sont que le reflet des deux études proposées.

L’ensemble des éléments est donc à la disposition du lecteur avec liens suffisamment explicites : je le laisse réfléchir sur ce sujet et en déduire ce qu’il pense non seulement possible mais réel en son âme et conscience.

Et, comme bien souvent, des commentaires fort érudits sont venus compléter cet article, chacun peut les lire ci-dessous.