Que l’on soit handicapé ou parent d’enfant handicapé, on vit sous le regard des autres.

Mais quand on échange leurs regards, c'est tout autre chose ! Ils donnent plein de bons conseils mais on se rend compte qu'ils n'ont aucune idée du côté pratique, et si on veut les responsabiliser, plus personne. Bien souvent ils restent dans des théories issues de ce que l'on appelle le nouvel-âge mais souvent très superficielles.

En ce qui me concerne, tout cela ne compte plus, mais j'ai eu à être témoin, même également partie prenante de tels problèmes avec des enfants ou des plus grands.(en plus avec les témoignages d'une amie infirmière en psychiatrie dans un service de jour) La médecine officielle, malgré de très grands progrès, reste impuissante et ne voit que des solutions de facilité pour calmer: les médicaments, l'autorisation de fumer...et que le sujet reste tranquille, on considère alors sans nuance de telles personnes comme des malades de psychiatrie ordinaire. C'est bien quand on a affaire par exemple à un centre, certes médical, mais également qui fait un gros travail psychologique en groupe et aussi en collaboration avec les parents ou l'entourage, bien souvent ces groupes fonctionnent en hôpital de jour, l'enfant rentrant en famille le soir.

Et dans ce cas on demande à tout l'entourage de collaborer et petit à petit une intégration se fait par rapport aux autres, et la famille apprend à ne plus faire face à des regards ou des incompréhensions.

Je viens de faire une grosse recherche sur Google au sujet d'un psychiatre dont je ne retrouvais ni le nom ni les oeuvres. Et ça y est ! C'est François Lelord (lien wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Lelord dont l'ouvrage le plus important est le voyage d'Hector. Mais ce n'est pas le plus significatif de ses méthodes de travail pour faciliter la réinsertion, c'est l'un de ses livres précédents (comment gérer les personnalités difficiles ou la gestion du stress, je ne sais plus) qui avait été pour moi un véritable instrument de travail dans mes études et réflexions du moment. Et d'ailleurs cet ouvrage avait été conseillé publiquement par le directeur d'une école de profs de yoga.

On ne fait pas en France de différence vis-à-vis des malades. Bien souvent, un enfant atteint de déficience plus ou moins grande est soigné comme un grand malade psychiatrique, alors qu'il suffirait souvent d'un suivi simplement psychologique, certes avec des exercices, des tests, des entretiens, et aussi la participation de la famille. (c'est cela que préconise le doteur Lelord cité précédemment).

Une petite expérience personnelle déjà ancienne : nous avions rendu visite avec ma femme à une petite cousine de cette dernière chez ses parents, à la campagne. Cette petite souffrait d'un retard mental et physique, elle devait avoir 6/7 ans. Et bien on la considérait comme un bébé. Pendant que les adultes buvaient le café entre eux, je me suis occupé d'elle, je lui fait un bateau en papier, et des ombres chinoises avec les mains sur un mur, rien de compliqué des poules, un chien. Quand nous sommes partis elle m'a sauté dans les bras. Nous sommes retournés les voir quelques mois après : dès qu'elle m'a vu elle m'a pris par la main pour aller faire des ombres chinoises ! J'en ai encore de l'émotion. Cela n'est qu'un tout petit exemple pour donner une existence, une raison à un être.

Je me rappelle encore avoir eu un contact avec un centre lyonnais de la Communauté de l’Arche fondée par Jean Vanier : partout ils font un travail extraordinaire pour venir en aide, pour la réinsertion des personnes handicapées mentales, de préférence adolescents et jeunes adultes. Jean Vanier est un personnage hors du commun reconnu dans le Monde entier pour cette action. Et bien une première fois j’y ai rendu visite à un jeune qui était éducateur dans ce foyer, j’ai discuté avec les uns et les autres, participé modestement aux activités, et bien la fois suivante tout le monde m’attendait pour boire le thé !!!

Il suffit de leur faire comprendre qu’ils sont des êtres humains comme tout le monde, d’échanger d’égal à égal avec eux, et là déjà un grand pas est fait.

Lors de la rédaction de cet article, j'ai aperçu  sur la chaîne Sénat un débat sur le vote d"une loi présentée pour réorganiser la psychiatrie : quelques minutes m'ont suffi car, une nouvelle fois on va privilégier le sécuritaire aux soins, le tout médical aux autres possibilités...tout en ayant une gestion comptable du personnel et des centres de soins.

No comment, car je risque de devenir violent dans mes propos.